imprévisible

Le recueil des lectures fréquentes 

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DANS LE METRO
 

A Paris, il fait un temps de printemps, le ciel est bleu, il y a du soleil dans les rues. Nous prenons le métro, je suis en robe légère et je n’ai pas envie de cette promiscuité de personnes transpirantes. Je désire attendre la prochaine rame.

Tu me pousses légèrement mais fermement. Dans la foule du quai je ne peux plus reculer, alors j’essaie de me glisser vers le fond pour éviter le plus de contacts possibles. Tu es près de moi, mais je suis également serrée de toutes parts par des corps inconnus. Et puis je sens un frôlement, comme quelqu’un qui soulèverait délicatement un pan de ma robe, je ne bouge pas, alors une main se pose sur mes fesses, comme une demande silencieuse, je te regarde en souriant pensant que c’est toi, mais tu es très sérieux, parti dans tes pensées. Mon trouble s’accentue, « et si ce n’était pas Henri? », je veux me retourner, mais des doigts ont pris possession de la ficelle de mon string et ils tirent dessus, régulièrement, je n’ai pas le courage d’interrompre les frissons qui parcourent mon corps. Un doigt s’insère dans mes fesses, doucement, je respire un peu fort, Henri me dit « ça va? Tu es toute rouge » et dans un souffle je lui réponds « j’ai chaud dans cette foule », je crois que je vais crier, mais le son reste bloqué au fond de ma gorge, je tremble, je me retiens, j’empêche mes sens d’exploser, le doigt sort doucement, il va se loger dans mon humidité, une main m’abandonne, glisse le long de ma cuisse. Je regarde le loqueteau.

La rame s’arrête à Porte St. Cloud, je regarde derrière moi, ce ne sont que des visages affairés, pressés d’aller travailler, je regarde Henri énigmatique, peut être un léger sourire aux coins de ses lèvres, je ne sais pas, je n’ose pas le lui dire.

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recherche à travers les sites : 

J’Oze écrire, où es-tu Noze ?

Pour la nausée des mots
Empêtrée des non dits
Parachevés d'un mot
Pour les esprits avachis.

(Du bord des lèvres… aux creux des mains, dense).

You and co, qui pouvait deviner au travers de mes mots, agréablement calfeutrés sur un site anonyme, mes premières lettres d’alphabétisation ?

Tu sais déjà.
Tout objet chez moi est affectionné par un désordre farouche et parfaitement censuré pour un rangement fortifié contre les regards conventionnels de la maniaquerie. Une boîte qu'elle soit rectangulaire, triangulaire, carré, ronde, octogonale, sexagénaire ou ayant dépassé les limites d'une poubelle de cadeaux aux fils torsadés et dorés, fait partie de mon moi.

Qu'elle soit cartonnée d'un prospectus de chaussures délicatement peinturlurée d'un masque de beauté façonné de couleurs brillantes d'une grande marque de vêtements ferraillée de petits gâteaux ou de sucres en morceaux, c'est une boîte à moi.

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NOS ECRITS

BE HAPPY, DON'T WORRY

Un Bébé est informe au travers de ses couches*) superposées.
Chaotique malgré lui, sera son destin. L'enfant rêveur entremêle rires et pleurs loin des lâches* sera sa destinée.

Vous croyez
Eux s’amusent
Bonté s’égare
Lièvre levé s’empare
Mots dévoilés s’accaparent

Pomme dorée sur un front offert
Ivanhoé accepte la flèche
D’un maux entre les mots

Assoiffé de pisse de chienne
Je brise ma dent
Colère d’un enfant ronflant
Entortille mes lèvres
Espoir d’une image jaillissante

Purée délectable d’une omelette truffée
D’Artagnan offre son épée
Pour une andouillette mal compactée

Sans espoir aux travers de mes lignes
Une anguille s’accroche à l’hameçon
Rivière ruisselante sous un peuplier
Pardon d'avoir douté de votre monde argenté.

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*) sousentendu souches ou langes

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© Copyright Sylvie Cador Paris 2005